Estivadas

Sosten al Festenal Interregional de las Culturas Occitanas

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Suivre l’évolution de la situation de l’Estivada (2017)

Une Actu du 16/02/2017 | 1 commentaire

Nous vous proposons sur cet article, qui fait suite à ce que nous fîmes en 2016 (à lire ici) de suivre l’évolution du festival Estivada, officiellement repris en régie municipale depuis l’édition 2016. Ce fil et les réseaux sociaux affiliés est tenu par d’anciens membres de l’organisation, d’anciens bénévoles et des militants inquiets pour l’avenir de ce festival.

Mise à jour du 27/07/2017

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2017/07/27/2618782-plus-de-30-000-personnes-autour-de-l-estivada.html

Au-delà de l’autosatisfecit qui est, somme toute, assez humain, une donnée en particulier a retenu toute notre attention, au milieu d’un papier qui semble établi pour répondre point par point à la critique que nous publiions il y a à peines quelques jours : « Une programmation dont la moitié figurait en langue régionale. »

La moitié. 50%. Mais même pas 50% de programmation d’artistes d’expression occitane, non, 50% de programmation d’artistes s’exprimant en langue régionale (on préférera toujours minoritaire).
Nous sommes allés vérifier en remontant dans les archives (signalons qu’elles attendent toujours que la nouvelle équipe s’y intéresse) : il n’y a eu, depuis une dizaine d’années, qu’une portion infinitésimale d’artistes programmés et ne s’exprimant pas dans une langue minoritaire d’ici ou d’ailleurs. Un seul en fait : Zebda. Qui s’était tout de même fendu d’un « adiussiatz » de bon aloi.

Comment peut-on donc affirmer que l’on met « un point d’honneur à conserver l’âme du festival » si l’on ne respecte pas ce qui constitue sans doute le seul fondement indiscutable de son identité ?
L’Estivada tente de désormais de faire son beurre de la parité, une parité qui n’a pas de sens autre que le symbole – une moitié d’òc c’est un symbole – de ne pas donner, volontairement, trop d’importance à l’occitan et aux langues minoritaires. Il ne semble pas, pourtant, que celles-ci menacent quoi que ce soit, et le festival a vécu plus de vingt ans sur le principe de leur donner une éphémère place sociétale, et a d’ailleurs été reconnu (inter)nationalement pour cela. Faut-il en avoir de la vergonha, pour s’éloigner autant de son festival tout en assurant faire cœur, corps et cris avec ce qu’il fut…

Autres éléments, assez révélateurs, de comment les choses se pensent et se décident, tous contenus dans la seule phrase : « Cali répondait à nos critères : Il défend une culture, il a une histoire particulière et attire le public ». Lesdits critères sont tout de même assez peu exigeants, pour ne pas dire complètement absurdes.
Cali défend une culture ? Et bien mais tous les chanteurs, tous les artistes, ont une culture. Tout le monde a une culture. Mais laquelle ? Et qu’est-ce que la culture ? (Merci de noter que ceci n’est pas un appel à faire n’importe quoi l’année prochaine.)
Cali a une histoire particulière ? Et bien mais tous les chanteurs, tous les artistes, ont une histoire particulière. Tout le monde a une histoire particulière…
Cali attire le public ? Merci d’avouer que la proportion d’artistes d’expression occitane va encore diminuer l’année prochaine. Pour tout un tas de raison assez liées finalement au fait de s’exprimer dans une langue non-médiatique lorsqu’elle n’est pas carrément non-(re)connue, peu sont en capacité « d’attirer du public », pas du moins au sens où vous l’entendez. En plus vous avez déjà fait Nadau. Massilia ?

Encore une fois c’est méconnaître la capacité que l’Estivada a développé par le passé de mobiliser un public curieux sur son nom et la spécificité de sa proposition davantage que par la surenchère de têtes d’affiches. C’est ne pas comprendre et ne pas respecter cette « âme du festival » que l’on nous ressert à toutes les sauces (nous aussi, pardon).

Que l’on se rassure, on trouvera toujours quelque caution bienveillante pour que les 50% d’òc ressemblent à de vrais 50% bien assis, parmi lesquels le CIRDÒC, que la Mairie de Rodez se plaît décidément à mentionner partout, sans que l’on soit tout à fait sûrs qu’elle sache les (nombreuses) missions exactes de l’établissement. Détail amusant pour ceux qui l’ignoreraient encore : par une sorte de hasard politique un peu biscornu le président de l’établissement n’est autre qu’un certain…Patric Roux, directeur du festival de 2009 à 2015.

Lo destin sembla aver una tendéncia segura a tornar suls seus passes…el !

Mise à jour du 24/07/2017

Source : http://www.centrepresseaveyron.fr/culture-loisirs/estivada-de-rodez–le-festival-a-t-il-conserve-son-esprit-FC455034

L’Estivada a-t-elle conservé son esprit ?

Pour nous, la réponse est « non », depuis le début, malgré des « mieux » par rapport à l’an dernier (et des « moins bien », plus inexplicables), et beaucoup des témoignages présentés dans l’article font sens et écho avec ce que nous avons déjà dit.
Cependant, présenter les choses de manière aussi schématique reste problématique.
Le problème n’est pas d’opposer un public « lambda » à des « occitanistes » – définissez « occitanistes » – qui seraient par définition fermés .
La mission première de l’Estivada reste justement d’abolir ce genre de représentation, et elle est censée offrir un cadre pour cela. Ainsi, lorsque Cali dit en off aux Nadau qu’il pense que chanter en occitan est un enfermement, propos qu’il semble avoir bel et bien tenus, il prouve que le choix de sa programmation n’est pas adapté à un festival qui a été créé sur la base d’une normalité de la langue, de la culture et de la société occitane, en recréant les conditions d’une séparation des cultures, en réinstaurant les rapports de domination dans le lieu qui doit les combattre, pendant le temps où ils ne sont plus censés avoir cours. Paradoxalement, il s’enferme lui-même dans une conception rigide. Lorsque le prestataire technique coupe sans ménagement la chique à des artistes occitans, l’Estivada oublie qu’elle a le devoir de leur laisser la parole et de mettre en place les meilleurs conditions pour cette prise de parole. On se rappellera alors que jusqu’ici, l’Estivada bénéficiait d’un autre prestataire qui était plus qu’un prestataire : un partenaire, un passionné, un conseil, un « non-occitaniste » qui comprenait les enjeux de l’événement…
Avec ce genre de faux-pas, l’Estivada cesse de fait d’être occitane, elle ne poursuit pas sa mission première, son ambition intime, elle n’obéit plus à la volonté qui autrefois la fit surgir de la terre ruthénoise. L’Estivada échoue à tenter d’être l’Estivada.

Lors de la parution des premiers éléments de communication autour de cette édition, une phrase en particulier avait retenu notre attention : la nouvelle équipe affirmait faire l’Estivada « en cohérence avec ce que le festival a été ». Une assertion qui nous semble aujourd’hui assez loin de la réalité, voire mensongère : le culte de la tête d’affiche et du spectaculaire, le renforcement de l’expression française dans un festival d’expression occitane entraînant une inégalité de traitement évidente entre artistes français et artistes occitans (envers lesquels le festival a, rappelons-le, des obligations et une sorte de mission de « service public »), mais aussi et surtout l’absence totale d’envie de travailler une filiation, une passation, avec les équipes précédentes.
Rappelons que, malgré certaines promesses, l’équipe précédente n’a jamais été sollicitée pour assurer la transition, contrairement à ce que le terme de « cohérence » laisserait supposer, cette transition celle-ci a volontairement été faite de la manière la plus abrupte qui soit. Or il est une chose qui anime bon nombre des personnes ayant un jour participé à l’élaboration de ce festival qui dépasse de loin les mesquines querelles de clocher ainsi que, finalement, nos propres critiques : la réussite de l’Estivada, l’aboutissement de sa réflexion, la profondeur de sa proposition, la complétion de son sens. Sur chacun de ces points, et bien d’autres encore, il existait des personnes ressources, fortes de leurs expériences, conscientes des particularités de ce festival, partagé entre mission d’intérêt national et volonté d’animer le local, un équilibre encore moins évident qu’il n’y paraît. Mais le lien n’a pas été fait. Il a même été délibérément rompu.
L’équipe désormais en charge de l’Estivada a voulu occuper une maison dont elle n’avait pas (toutes) les clés, et s’acharne à défoncer les portes qu’elle ne sait ou ne peut pas ouvrir.

Sa solution à ce problème de fonds que bien évidemment elle constate elle aussi : un Conseil des Sages. Ce conseil (de qui ? De quoi ? Pour quoi?) interroge, à commencer par notre rapport à la démocratie. Fait étrange, il est sous-entendu dans l’article que ce conseil serait mis en place dans l’avenir. Or il a déjà été réuni en amont du festival (avril-mai), sans que nous ne sachions très exactement ce qu’il en est sorti. De ce nous en avions entr’aperçu, beaucoup de compagnons de route du festival semblaient manquer à l’appel.

Tout ceci est donc encore très (trop) balbutiant. Deux éditions après la reprise en régie directe (qui interroge, elle aussi, notre rapport à la démocratie), cela reste grandement insupportable. Cette reprise eût pu être un changement positif, car après tout toute évolution est bonne à prendre pour un festival. Cette reprise aurait dû permettre de faire mieux. Elle n’a même pas permis de faire autant.

E l’esperit serà segur partit trevar d’autres luòcs.

Mise à jour du 16/02/2017

Source : http://france3-regions.blog.francetvinfo.fr/le-blog-de-viure-al-pais-france3/2017/02/15/lestivada-cherche-un-souffle.html

Nous tirons un peu le même bilan des dernières (et premières) annonces que le blog de Viure al País, avec comme prédominance le sentiment fort d’un immense gâchis.

Au vu des réactions que l’on a vu fleurir, s’il est certain que Nadau (re)trouvera son public, qui n’aura pas eu longtemps à attendre, Cali divise. Bien plus que les présents de l’an dernier il illustre l’éloignement progressif de l’équipe municipale vis à vis du fondement de ce festival : la langue et la culture occitanes. On ne sait même plus où l’on habite, entre « occitans » et « artistes issus du territoire de l’Occitanie » (laquelle?). Il faut dire que l’an dernier, un programmateur rodé à cela, mais peu connaisseur de la spécificité occitane avait, de notre point de vue, limité la casse. Remercié depuis, on comprendra donc que l’équipe restante se contente de resucées, sans prise de risque, ambition ou audace, balançant de la « tête d’affiche », avec tout ce que le terme a d’incohérent avec le fait de tenir un festival autour d’une culture pas du tout médiatisée. Cali pour l’ouverture à la francophonie, comme si elle avait besoin de l’Estivada pour être présente via un chanteur catalan (même s’il ne chante qu’en français), histoire de faire semblant de coller au thème. Nadau, parce que…parce que ça marche. On le sait, ils sont déjà venus, en 2014, en 2013 (Joan tout seul), en 2011, en 2009… On peut miser sur la suite sans trop de risques nous non plus : au hasard Goulamas’K puisque cela avait marché en 2012, 2014 et 2016 (avec la formation les Diables de la Garrigue) et reste dans les mémoires, et une autre formation issue de la mouvance Zebda, pour faire suite à la soirée Suarez avec Mouss et Hakim de l’an dernier…Motivés ? Cohérent l’année de leur retour.

Pas de bashing, les artistes n’y sont pour rien et ne choisissent certainement pas les conditions de leur représentation. Tous pourraient être pertinents d’ailleurs, à condition que l’on soit capable de défendre le pourquoi du comment, de questionner le sens de cette programmation dans ce cadre-là, et de l’assumer jusqu’au bout, ce qui est ici loin d’être acquis.

La cerise sur le pompon pour nous reste la suppression du Cabaret. Une des plus-values de l’Estivada, un de ses fers de lance, de ses intérêts, à la fois rencontre bœuf entre artistes renommés et méconnus et espace de prestations atypiques, de fête et de réelle découverte. C’est cette dimension là de l’Estivada qui disparaît, ce qui ne manquera pas d’avoir des effets dévastateurs sur la diffusion de la nouvelle création occitane dans son ensemble.

Difficile même de dire si les exposants du village occitan répondront présents. Des vols successifs l’an dernier, un renforcement sécuritaire et une inutile complexité de certains aspects logistiques avaient semble-t-il eu raison des derniers élans de confiance et d’indulgence des estivadiers de toujours envers leur festival historique.

Un festival occitan sans occitan(s) ? Ne riez pas, es aquò que se passa !

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1 Commentaire

  1. Arrêtez de dramatiser!Les aveyronnais sont super content de recevoir Cali! Ça elargis le public.Mais ça ne tue pas l’etat d’esprit. Restez ouvert!